A l’inverse de Paris où la saison culturelle est assez calme, la province promet cet été de belles découvertes, la plupart du temps dans le cadre de rétrospective d’artistes locaux méconnus. Voici un petit aperçu des expositions que vous aurez peut-être la chance de voir sur la route de vos vacances du nord au sud de la France…

Nord – Est : 

Sous l’impulsion de l’association des amis du peintre Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1880), le musée d’art et d’industrie André Diligent accueille cet été une rétrospective des travaux de ce peintre académique. Grâce à de nombreux prêts de collections particulières et publiques, l’exposition vise à dévoiler tous les aspects de l’oeuvre de cet artiste original qui se fit une réputation en tant que décorateur au milieu du XIXème siècle. A cette occasion, seront dévoilés au public des inédits parmi les dessins de son fonds d’atelier et des oeuvres qu’on pensait perdues.

Le peintre Gustave Maincent (1848-1897) passa les dernières années de sa vie sur l’île de Chatou qui lui inspira de nombreux paysages, sensibles et poétiques. Amateur des bords de Seine, fin observateur des changements climatiques, le peintre a réalisé de charmants paysages aux tons gris-roses d’où émergent par petites touches des personnages colorés. Bien que les oeuvres de Maincent soient aujourd’hui dispersées ou disparues, la commune de Chatou est parvenue à réunir 45 tableaux de l’artiste qu’elle expose dans les salles du musée Fournaise afin d’évoquer la brève carrière de l’artiste (il meurt d’une crise cardiaque à 49 ans).

Jeune femme au bord d’une rivière; Manient

Jeune femme au bord d’une rivière (Titre attribué), Non daté
Huile sur toile, 81 ; 65 cm
Collection particulière

A l’occasion du bicentenaire de la naissance du peintre Ernest Meissonier (1815-1891), la commune de Poissy où il est inhumé, présente une cinquantaine de peintures, dessins et gravures de celui qui fut le témoin privilégié de grands événements historiques. Organisée autour de trois grandes parties – le peintre dans son intimité, son regard sur les événements de 1848 et 1870-71, ses recherches sur le mouvement – cette exposition vise à faire mieux connaître l’oeuvre éclectique de ce peintre minutieux, fin observateur de son époque.

Pour ceux qui n’auraient pas encore pris le temps de redécouvrir ce havre de paix et de verdure en plein coeur de ce haut lieu touristique, le musée de Montmartre présente toujours son exposition inaugurale sur les artistes montmartrois au tournant du XIXème siècle. Quelques petits chefs d’oeuvre et surtout une belle balade qui vous plongera dans l’esprit bohème de la butte. Voir l’article complet

Eléve de Cabanel, Grand Prix de Rome en 1874, Albert Besnard (1849-1934) a suivi son propre parcours de peintre, entre l’impressionnisme et le symbolisme. Connu pour ses portraits mondains de femmes évanescentes et ses grands décors pour les monuments parisiens, l’artiste qui fut directeur de la Villa Médicis et de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts explora également une voie plus intime, comme le révèle l’exposition du musée Baron Martin à Gray avec notamment une série d’eaux-fortes méconnues.

Nord-Ouest :

Spécialisé dans l’art animalier, le musée de Vernon rend hommage à Rosa Bonheur (1822-1899), femme peintre qui obtenu un réel succès de son vivant grâce à ses tableaux de grande dimension et d’une rare justesse. De sa formation auprès de son père peintre à son installation dans le château de By, en Seine-et-Marne, de nombreux aspects de la carrière de l’artiste sont évoqués dans ce charmant musée des bords de Seine. Voir l’article complet

Alexandre Séon, "La Pensée", vers 1899 @mbaqofficiel

Alexandre Séon, « La Pensée », vers 1899 @mbaqofficiel

Le musée des Beaux-Arts de Quimper présente cet été la première exposition monographique consacrée au peintre symboliste Alexandre Séon (1855-1917) depuis l’importante présentation de son oeuvre à la Galerie Georges Petit en 1901. L’occasion donc de découvrir cet artiste singulier, humaniste, engagé toute sa vie dans la quête d’une beauté idéale. L’exposition revient sur les différentes facettes de l’oeuvre d’un peintre qui « n’était ni inconnu, ni méconnu, mais insuffisamment apprécié » (Joseph Péladan). Y sont abordés notamment son travail de décorateur, son engagement social, et sa fascination pour les rochers de l’île de Bréhat. Voir l’article complet

Le musée de l’Echevinage de Saintes accueille cette année la première exposition française consacrée au peintre Jean Geoffroy (1853-1924), dit Géo, qui s’est spécialisé dans les représentations de l’enfance sous la IIIème République. Si certaines de ses oeuvres – qui ont servi à illustrer les livres d’histoire – nous sont connues, un grand nombre n’avait jusqu’à aujourd’hui jamais été exposé. Complétée d’un catalogue d’exposition très documenté, l’exposition permet de mieux comprendre l’homme et son oeuvre. Voir l’article complet

Sud-Ouest :

Cette exposition estivale met en lumière les chefs d’oeuvre des collections permanentes du musée des Beaux-Arts de Bordeaux sur le thème des relations entre la capitale girondine et l’Italie. Dans ce voyage à travers les époques, le XIXème siècle est bien représenté puisqu’on y verra aussi bien des peintres français inspirés par l’Italie : Antoine-Placide Gibert (1806 – 1875), Jean-Victor Schnetz (1787 – 1870), Jules-Claude Ziegler (1804-1856), Jean Alaux (1795-1864), Jacques-Raymond Brascassat (1805-1867) que des Italiens comme Giovanni Boldini (1842-1931) avec son charmant Portrait de Cecilia de Madrazo Fortuny (1882).

  • Lavaur (81), Musée du Pays vaurais – jusqu’au 16 septembre 2015 : Henri Rousseau (Le Caire, 1875-Aix en Provence, 1933) 

Autour d’une soixantaine d’oeuvres, peintures et dessins, le musée du pays vaurais propose une rétrospective de l’oeuvre du peintre orientaliste Henri Rousseau (1875-1933). Fils d’un ingénieur engagé pour creuser un tronçon du canal de Suez, Rousseau naît au Caire. De retour en France, il devient l’élève de Gérôme et n’aura de cesse de voyager en Orient pour retrouver les couleurs et les chevaux de son enfance. 

Sud-Est :

 Jacques-Émile Blanche, Loggia avec cinq personnages, 1911-1912_Huile sur toile, 125 x 313 cm © Musées de la ville de Rouen : Agence Albatros

Organisée par le musée des Beaux-Arts de Rouen qui détient un fonds exceptionnel d’oeuvres de Jacques-Emile Blanche (1861-1942), cette exposition entend évoquer l’ensemble de la carrière du peintre et écrivain, dont le nom est souvent uniquement associé à celui de Marcel Proust. Si la carrière de Blanche comme portraitiste mondain et ami des écrivains y est largement abordée, on découvre également un aspect méconnu de son oeuvre (scènes de la vie moderne, natures mortes, vues urbaines, scènes de genre ou grand décor) notamment inspiré par sa vie dans la commune normande d’Offranville, où il finira ses jours en 1942.

M.D.