Skip to Content

Peintres méconnus du XIXème siècle : une autre histoire de l'art
post

« Je sais un regard qui m’a toujours ébloui »

Saint-Valentin oblige, cet article est consacré au grand amour de Léon Riesener, sa femme, Laure. Laure Peytouraud n’a que 17 ans lorsqu’elle épouse le peintre en 1839 (il en a 31). Issue de la bourgeoisie parisienne, apparemment fille de commissaire-priseur (cela reste encore à vérifier aux Archives), elle est comme Léon originaire du quartier du Louvre. Riesener semble fasciné par cette jeune femme aux cheveux de jais et au regard profond. Au milieu de considérations d’artiste sur la beauté des Néerlandaises aux yeux bleus, je suis récemment tombée sur une phrase de Léon Riesener que j’ai trouvée très touchante : «Je sais un regard qui m’a toujours ébloui et qui ne le cède en beauté à aucun autre.»

Lire la suite »

post

Né un 21 janvier

Le 21 janvier est une date qu’on apprend à l’école. Elle évoque certainement pour les passionnés d’histoire – et ceux qui ont de bons restes – le jour où Louis XVI fut guillotiné place de la Révolution. C’est aussi ce jour que choisit Léon Riesener pour naître en 1808. Et cette naissance fit beaucoup de bruit à l’époque (bien entendu, moins que la décapitation du roi de France 15 ans plus tôt).

Lire la suite »

post

La Bohème, ou l’art de la liberté

Après avoir vu Nathalie Dessay illuminer la scène de l’Opéra de Paris par son interprétation dans la Bohème de Puccini, je n’ai pu résister et me suis replongée dans les Scènes de la vie de Bohème de Murger. Au fait, la Bohème, qu’est-ce que «ça voulait dire», pour reprendre les paroles de la chanson d’Aznavour ?

Selon Murger, est bohème « tout homme qui entre dans les arts sans autre moyen d’existence que l’art lui-même ». La vraie Bohème est composée d’artistes qui ont des chances de réussir et pour lesquels la misère n’est qu’une période de transition dans leur carrière. C’est un mode de vie, une façon de parler et de se comporter, typique des jeunes artistes parisiens du XIXème siècle, qui peut se terminer par la mort ou par la réussite. On sait aujourd’hui peu de choses sur la jeunesse de Léon Riesener : a-t-il été, comme son cousin avant lui ou son ami Théophile Gautier, un artiste bohème ? Il fut dès 1823 l’élève du baron Antoine-Jean Gros (1771-1835) et resta vraisemblablement dans son Atelier jusqu’en 1831, sa première exposition au Salon. En 1825, il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts pour quelques mois. Les pastels qu’il a réalisés à cette époque sont pleins de promesses par la liberté des tons et la spontanéité de la touche.

Bozar_ecoleliberteL’exposition que l’Ecole des Beaux-Arts de Paris a consacrée aux artistes parisiens aux XVII et XVIIIème (L’Ecole de la Liberté, être artiste à Paris 1648-1817) illustre le mode de vie des artistes et la question de la liberté de la création. Comment exprimer son indépendance, sa jeunesse fougueuse et rebelle face aux règles strictes de l’Académie royale de peinture et de sculpture ? Si les commentaires de l’exposition restent très anecdotiques (quel intérêt de savoir que tel artiste était connu pour son ivrognerie ?), on y découvre des oeuvres méconnues qui constituent des étapes importantes dans l’apprentissage des jeunes artistes : l’accrochage des «concours de Torse», l’autoportrait de Pierre-Narcisse Guérin (qui fut le professeur d’Eugène Delacroix) et le pastel de Mlle Capet (dont j’ai déjà parlé dans mon article sur la branche maternelle de la famille de Léon Riesener) ont retenu toute mon attention. Derrière ces témoignages «académiques», on découvre aussi une jeunesse rebelle, prête à refaire le monde et à braver les interdits (les duels étaient courants à l’époque)…qui atteindra pour moi son paroxysme dans la période romantique.

Et dans ma tête, revient ce refrain : «La bohème, la bohème, on était jeunes, on était fous. La bohème, la bohème, ça ne veut plus rien dire du tout.»

M.D.

Article initialement publié sur www.leon-riesener.fr

post

Artistes au féminin

Je me suis toujours intéressée aux femmes artistes, à leur vision du monde et leurs difficultés pour se faire une place dans une société d’hommes. Et le XIXème siècle constitue un tournant dans l’histoire des femmes artistes. A cette époque, elles ont plus facilement accès à un enseignement artistique (mais l’Ecole des Beaux-Arts sera ouverte aux femmes en 1897 seulement !) et peuvent exposer au Salon à côté de leurs confrères masculins (même si elles ne sont pas considérées comme leurs égales). Leur nombre augmente très fortement à partir de la seconde moitié du XIXème siècle. Les filles de Riesener n’échappent pas à cette tendance. Sa fille aînée Rosalie, amie de Berthe Morisot, exposera au Salon dans les années 1860 ; sa cadette Louise sera représentée par Fantin-Latour dans la Leçon de dessin (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles) Lire la suite »