Paul Carpentier (1787-1877), Portrait de l’auteur et de sa famille, 1833
Huile sur toile – 140 x 112 cm, Dallas, Museum of Art
Photo : Dallas Museum of Art (détail)

Dans une brève du 3 décembre dernier, Didier Rykner de La Tribune de l’art mentionnait l’acquisition par le Dallas Museum of Art le 21 novembre dernier à l’hôtel Drouot d’un portrait de famille d’un certain Paul Carpentier (1787-1877). Les rapides recherches menées ont donné dans un premier temps très peu d’informations sur cet artiste (des lecteurs sont venus par la suite compléter la liste des tableaux de Paul Carpentier). L’auteur concluait son article ainsi : « On aimerait beaucoup en savoir davantage sur un peintre capable de réaliser une telle œuvre et on regrettera qu’aucun musée français n’ait pu l’acheter. » Alertée sur l’intérêt de ce peintre, en curieuse que je suis, j’ai mené quelques recherches aux archives afin d’en savoir plus sur ce beau portrait de famille. 

Paul Claude Michel Carpentier est né le 27 novembre 1787 à Rouen (paroisse St Etienne) ; il est le fils de Paul Claude Carpentier, maître tourneur, et de Marie Catherine Le Noble, mariés à Rouen la même année. Le Dictionnaire des artistes de l’école française au 19ème siècle de Charles Gabet mentionne les portraits du père et de la mère de Paul Carpentier réalisés en 1817. S’il est admis que Paul Carpentier a étudié à Rouen auprès de Charles Jacques François Le Carpentier (1744-1822), ce dernier n’est pas son père comme nous l’a confirmé l’acte de baptême conservé aux Archives de Seine-Maritime. Rien ne nous indique non plus que les deux artistes aient un quelconque lien familial.

En 1820, notre peintre épouse, sous le nom de Paul Claude Michel Le Carpentier (pourquoi ce changement de nom ?), Adèle Clémence Gignoux (née à Paris en 1801 et décédée à Fontainebleau le 9 mars 1849), fille d’un entrepreneur en bâtiment parisien. Ensemble, ils ont une seule fille, Marie Victoire Clémence (1822-1892), qui épousera l’architecte François Victor Rolland (1806-1888). Ce dernier sera très impliqué avec son beau-père dans la Société libre des Beaux-Arts.

Dans le portrait de famille acquis par le musée de Dallas et daté de 1833, sa fille Clémence a donc environ 11 ans. Comme mentionné dans plusieurs dictionnaires de l’époque (Statistiques des Beaux-Arts en France, par F. Guyot de Fère), il existerait également un portrait de sa fille seule, ainsi que des portraits de ses beaux-parents, monsieur et madame Gignoux exposés au Salon de 1833. Ces différents portraits, ainsi que les intérieurs d’atelier qui auraient été peints dans les années 1820, sont peut-être restés chez les descendants de l’artiste, car nous n’en avons pas retrouvé la trace.

M.D.