Le 21 janvier est une date qu’on apprend à l’école. Elle évoque certainement pour les passionnés d’histoire – et ceux qui ont de bons restes – le jour où Louis XVI fut guillotiné place de la Révolution. C’est aussi ce jour que choisit Léon Riesener pour naître en 1808. Et cette naissance fit beaucoup de bruit à l’époque (bien entendu, moins que la décapitation du roi de France 15 ans plus tôt).

Léon Riesener voit en effet le jour sept mois seulement après le mariage de ses parents, Henri-François Riesener (40 ans) et Félicité Longroy (23 ans). Rien d’exceptionnel jusque là. Mais, quand on sait que Félicité avait eu une liaison avec l’empereur Napoléon, le caractère prématuré de cette naissance soulève des interrogations. Félicité Longroy était entrée au service de l’impératrice Joséphine en 1804 par l’intermédiaire de son oncle, tapissier à la Cour impériale. Dame d’annonce de l’impératrice, elle eut vraisemblablement une aventure avec l’Empereur à son retour d’Italie en 1805. Ainsi, à la naissance de Léon, se pose la question de la paternité – question qui fut vite écartée par l’Empereur lui-même dans un billet à Fouché.

L’idée que Léon Riesener eut pu être le fils caché de Napoléon (un énième bâtard, si vous préférez) m’a longtemps séduite. Sa fossette au menton, son nom (Léon n’est-il pas une contraction de Napoléon ?) et son attachement durant toute sa vie à la famille impériale pourraient être vus comme des preuves de sa descendance. Et penser que le fils de Napoléon eut pu être l’ami intime et le cousin du fils présumé de Talleyrand (Eugène Delacroix)… j’avoue que c’est plutôt amusant. L’ironie de l’histoire en quelque sorte ! Mais je ne crois pas avoir ici levé un secret d’Etat propre à écrire un best-seller. Napoléon, à une époque où on s’interrogeait sur sa capacité à engendrer un héritier, n’aurait pas réagi de cette manière-là. Et puis, de qui Léon aurait-il hérité de son talent de peintre, si ce n’est pas de son père Henri-François ?

Voilà donc 202 ans exactement qu’est né Léon Riesener. Et cette date a pris pour moi une signification particulière car elle est l’occasion de faire un bilan de mes recherches. A partir de maintenant, je me donne deux ans pour aboutir à une première biographie (le compte à rebours est lancé) et ensuite, promis, j’arrête de vous saouler avec Léon Riesener !

M.D.

Article initialement publié sur www.leon-riesener.fr