Le Musée d’Orsay avait déjà consacré cet été une très belle exposition au rapport des peintres et photographes avec l’Italie et à la restitution de son image souvent idéalisée. En cette rentrée dont la température nous rappelle la douceur du climat transalpin, le Musée de la Vie Romantique porte un autre regard sur le «Grand Tour d’Italie». L’exposition «Souvenirs d’Italie (1600-1850)» présente une sélection d’oeuvres issues des collections du Petit Palais. Si l’accrochage manque de cohérence, on y découvre tout de même quelques bijoux, dont des aquarelles de Granet sublimes de finesse et le décor des huit peintures monumentales de Hubert Robert pour l’Hôtel de Beaumarchais recomposé pour la première fois depuis 1818.

Si Delacroix ne fait pas partie des peintres romantiques évoqués dans cette exposition, c’est qu’il n’a jamais fait le voyage jusqu’en Italie, préférant l’Angleterre et le Maroc. Il a pourtant longtemps rêvé des pins d’Italie qui ne pouvaient néanmoins pour lui remplacer les lieux de sa jeunesse. Léon Riesener aurait pu suivre le même chemin et préférer la chaleur de son foyer à des vagabondages italiens. Au crépuscule de sa vie, il a pourtant décidé de réaliser son rêve de jeune homme : en 1875, à 68 ans, il découvre Turin, Naples et Rome. La fatigue l’oblige à écourter son voyage, mais il aura eu le temps de s’émerveiller sur la nature italienne :

« C’est le jardinage naturel, abondant et riche, des cyprès noirs qui s’élèvent en pyramides, lauriers de toutes les espèces mêlés à des arbustes fleuris se détachant sur des profondeurs noires ou ensoleillées.»

Aucune peinture de cette période n’est parvenue jusqu’à nous. Ebloui par les merveilles entrevues, en a-t-il oublié de les transcrire sur le papier, voire dans des photographies ? Encore un champ à explorer…

M.D.

Article initialement publié sur www.leon-riesener.fr